Tranchées n°36

Au sommaire

  • Août 1914 : la mobilisation et la mise en état de défense dans la place de Metz
  • Le siège de Lille, 1914
  • Le « camp retranché de Lille », sentinelle de la frontière nord
  • Une photo, un héros – Le sauvetage miraculeux des sapeurs Mauduit et Cadoret (Artois, novembre 1915)
  • Scapa Flow, 21 juin 1919 – Le suicide de la flotte allemande
  • Médecins, infirmières et professionnels de santé
  • La prise de Blanc-Mont, 3-4 octobre 1918

Tranchées – n° 36

8,20

Le centenaire de la Grande Guerre est maintenant passé. Il ne faut pas laisser le souvenir de cette grande aventure tragique s’estomper et disparaître et nous sommes là, à Tranchées, à maintenir la flamme. Il reste tant à dire et à écrire sur ce conflit. À propos de flamme, cela nous amène à penser à l’Arc de Triomphe, où une scène vraiment peu glorieuse pour notre pays s’est déroulée dans l’indifférence générale, au moment des commémorations de l’Armistice, le président de la Serbie ayant été relégué avec des délégations de second rang alors que celui du Kosovo se trouvait dans la tribune officielle, à côté des « grands » de ce monde. Comment expliquer un tel mépris pour le pays que nous avons défendu en 1914 ? Cela reste comme une tache plus difficile à enlever que les tags peints sur le monument, quelques semaines plus tard, et effacés en une journée.

La fin du centenaire nous permet de ne plus nous attacher à une activité mémorielle: plus besoin de parler de 1918 en 2018. Dans ce numéro, nous parlons donc essentiellement de 1914 et de deux places fortes très différentes: celle de Metz, du côté allemand, qui était la plus grande et la plus puissante d’Europe, si ce n’est du monde, et celle de Lille. La première n’a pas connu les combats directement, même si, en tant que base arrière, elle a été impactée très directement par la guerre, la seconde a subi des heures très difficiles et éprouvantes pour sa population, entre août et octobre 1914, sans cesse menacée d’être prise par l’ennemi, puis miraculeusement sauvée, avant de succomber au terme d’une défense héroïque et très inégale.

Nous ne nous limitons pas à l’année 1914, puisque nous parlons aussi d’une aventure incroyable vécue par deux Bretons coincés dans une sape détruite par un camouflet allemand en Artois, isolés à plus de cinq mètres sous terre et à 25 mètres des lignes françaises, qui, après plus de 60 heures à creuser dans les pires conditions imaginables, sont parvenus à remonter à la surface au fond d’un cratère de mine, au nez et à la barbe de l’adversaire, pour regagner la tranchée française. Nous franchissons ensuite les années, pour raconter, avec un point de vue américain, la prise de Blanc-Mont, en Champagne, par les Marines de la 2nd US Infantry Division, en octobre 1918 : un bel exploit militaire. Nous présentons enfin la triste fin de la marine impériale allemande, mutinée et isolée au nord de l’Écosse, dans la grande base navale de Scapa Flow, qui se saborde en juin 1919 devant des Anglais médusés qui sont pris par surprise.