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Revue Tranchées - numéro 46

Au sommaire

  • Les poètes oubliés du 414e régiment d’infanterie (1re partie)
  • Célestin Adolphe Pégoud, premier as de 14-18
  • L’affaire de Lagarde, 10-11 août 1914
  • Le dégagement de la cote 344 à Verdun (25 novembre 1917)
  • En attendant Ludendorff
  • Comment repousser l’offensive allemande ?
  • La révolte de la mer Noire

Tranchées – n° 46

8,20

La Première Guerre mondiale a frappé tout le monde, en France comme ailleurs et c’est sans doute pour cela qu’elle est restée profondément ancrée dans la mémoire collective. La commémoration du centenaire, pendant cinq années de suite, a ravivé l’intérêt pour le conflit, avant de provoquer une sorte de ras-le-bol, il faut bien le dire. Trop, c’était trop, surtout en 2018. Puis, la porte a été brusquement refermée et les poilus, les Tommies et les Sammies, et autres Landser, sont retombés dans l’oubli.
Pour ceux qui n’en avaient rien à faire, cela n’a pas changé grand-chose. Ceux qui avaient une curiosité pour la Grande Guerre ont considéré qu’ils avaient été largement informés sur le sujet et sont passés à d’autres préoccupations. Du coup, il n’est resté que les passionnés et parmi ceux-ci, deux types dominent : ceux qui lisent et ceux qui se contentent de regarder Facebook où ils s’écharpent sur des sujets qu’ils connaissent souvent mal.
Lorsqu’on lit les pages Facebook, où ils s’affrontent, il en ressort que tous les généraux étaient aussi stupides qu’assoiffés de sang humain. Il est facile de dire aujourd’hui ce qu’il fallait faire à l’époque pour percer le front ennemi sans perdre d’hommes. L’exemple de l’Afghanistan nous montre que même la plus puissante armée du monde ne peut pas gagner une guerre sans engager des troupes, beaucoup de troupes. Les drones pilotés depuis la Californie ne peuvent occuper le terrain, ils réussissent juste à tuer des terroristes et des civils… mais peu importe puisque la guerre est devenue un jeu vidéo.
J’espère que la lecture de ce numéro de Tranchées va inciter les amateurs des joutes sur Facebook à relativiser leurs déclarations à l’emporte-pièce. Deux articles sur les préparatifs alliés pour faire face à la grande offensive allemande du printemps 1918 montrent les difficultés insondables rencontrées par les chefs d’État et les généraux les plus haut placés pour essayer d’éviter un désastre général. Qui aurait fait mieux qu’eux ?
En tout cas, cette guerre, quand elle a trouvé sa conclusion, aurait dû s’arrêter tout de suite. La tentative française d’intervention en Russie du Sud, en 1919, s’est soldée par une nouvelle crise du moral, qui a débouché sur des mutineries dans la flotte, non seulement en mer Noire, mais aussi, plus tard et pour plus longtemps, dans tous les ports français.
La Grande Guerre n’a pas non plus réussi aux poètes, comme nous montre le premier de deux articles de Vincent Herpin. Franck Beauclerc nous entraîne sur les pentes de la cote 344, sur la rive gauche de la Meuse, où une offensive à objectif limité peut quand même être coûteuse en hommes. Deux articles sont consacrés au début de la guerre, l’un sur la désastreuse affaire de Lagarde, où on voit qu’un JMO peut être délibérément falsifié et l’autre sur l’as Pégoud, l’inventeur du looping.

Bonne lecture à tous, Yves Buffetaut